Origines

Les arts martiaux vietnamiens

Les arts martiaux vietnamiens à l'étranger

Maître Chau Quan Ky

Elaboration du Qwan Ki Do

 

 


 

 

 

Origines

Le QKD puise ses origines au Vietnam et en Chine avec l’ethnie des Hakkas.

Hakkas traduit littéralement du chinois « familles voyageuses ». Les Hakkas sont réputés pour aimer les études. Ils sont énergiques, courageux, adroits, et surtout très tournés vers les arts martiaux. Ils sont doués dans la lutte pour la vie et le progrès.

 

Le Nga Mi Phai
La méthode Nga Mi a été largement diffusée dans toute la région de Sichuan durant la dynastie de Tsing (1644-1911).
Outre les techniques corporelles internes et les techniques de mains qui ont obtenu ainsi une très grande réputation, on peut constater d’autres spécialités comme l’enchaînement du dragon de feu de Nga Mi, les clefs de bras de Nga Mi, les six principes de coups de coudes, les techniques du boiteux, les Quyên Quan Ky dans le Qwan Ki Do, la bataille des oies sauvages.
Dans les techniques de mains le Diêm, Bàn, Quan, Dê (directes, circulaires, descendants, remontantes) et l’utilisation en particulier des mouvements rapides se transforment soudainement en une attaque surprise puissante.
Dans les défenses, le travail en souplesse face à la force est privilégié, mais aussi les esquives, les arrêts de l’agression, ainsi que l’application des leurres pour déjouer la défense.
Sans compter la fameuse méthode de « Diêm Huyêt » (frappe sur les points vitaux).
Toutes ces richesses techniques sont les fruits de recherches de toute une région depuis des millénaires.

Le Nam Quyên
Le Nam Quyên s’est développé au 16e siècle, à la même époque que celui de Nga Mi Phai, cette pratique est répandue tout le long du versant sur du fleuve Truong Giang.
Le Nam Quyên est très structuré et riche en expériences et techniques.

Le Duong Lang Quyên ou la mante religieuse
Cette pratique imite les mouvements de la mante religieuse, née vers la fin de la Dynastie des Ming.
Selon les anciens récits des arts martiaux chinois, elle a été mise au point par un expert du nom de Vuong Lang, du village de Tuc Mac au nord de la Chine. 
Vuong Lang qui, après avoir échoué au concours universitaire des arts martiaux, s’adonna à la recherche des techniques exclusives, en observant une scène de chasse des cigales par une mante religieuse.
A la même époque, le Duong Lang du sud (Nam Phai Duong Lang) vit le jour dans la province de Quang Dông, par un expert du nom de Châu A Nam. Les techniques de Nam Phai Duong Lang sont très courtes, les attaques très rapprochées, les seules ressemblances sont les postures de la mante religieuse.


Aperçu des Arts Martiaux Vietnamiens


Le VO est, au Viêt Nam, un terme populaire mais aussi une authentique institution à la fois culturelle et martiale.

L’art martial Vietnamien ou VO, est le travail de tout un peuple qui, en 4 000 années d’histoire, n’a cessé de lutter pour survivre.

A l’époque, les entraînements avaient lieu dans le cadre familial et scolaire selon des règles très strictes, mais le VO se poursuivait laissant son caractère secret, dû aux circonstances politiques, et connaissant trois périodes de divulgation :
• Le premier sous la dynastie des Tien Ly (1009-1073) ;
• Le deuxième sous la dynastie des Tran (1225-1400) ;
• Le troisième sous la dynastie des Quang Trung (1788-1792).

Dans le courant de ces trois périodes, l’Art Martial se hissa à une place aussi importante que la littérature dans l’enseignement national.
Les doctorats d’Arts Martiaux furent créés et, en même temps, l’Université Royale des Arts Martiaux fut ouverte (Giang Vo Duong).

Au Nord Viêt Nam : les écoles traditionnelles Vo Phai Bac Hà :
• Vât Liêu Dôi (lutte traditionnelle) ;
• Nam Hông Son ;
• Vo Vi Nam ;
• Vo Nhât Nam ;
• Vo Tông Hop

Au Centre, sont rassemblées les écoles Binh Dinh :
• Vo Tây Son ;
• Vo An Thai ;
• Vo Nhà Chua ;
• Vo Thanh Long

Au Sud Viêt Nam :
• Maître Châu Quan Ky
• Maître Han Bai
• Maître Lai Quy
Organiseront l’association d’Arts Martiaux Sino-Vietnamiens : le Tinh Vo Hôi

A présent, et ce depuis 1975, les arts martiaux du Viêt Nam se sont regroupés au sein de la Fédération de Vo Cô Truyên (Art Martiaux traditionnels)

 

Les Arts Martiaux Vietnamiens à l’étranger

En ce début de 20 e siècle, l’ouverture du Japon vers le monde occidental, permettra le développement des disciplines japonaises : le Jujitsu, le Judo en Europe et en Amérique. On ne parlera alors que rarement d’autres méthodes d’arts martiaux.

Plus tard, après les deux guerres mondiales, vers les années 1945, d’autres disciplines telles que l’Aïkido, le Karaté ou le Taekwondo, feront leur apparition officielle.

Dans les années 60, le phénomène des films de Bruce Lee propulsera les autres disciplines d’Arts Martiaux, jusqu’alors restées dans l’ombre.
Tel est le cas du Kung Fu Wu Shu, du Penchat Silat et des Arts Martiaux Vietnamiens.

C’est une période très favorable pour les arts martiaux et c’est à cette époque que les Maîtres d’Arts Martiaux Vietnamiens qui résident en Europe constituèrent le premier groupe officiel pour promulguer leur discipline au niveau occidental.
Les Maîtres et leurs Méthodes qui jetèrent les premières bases de la création d’une Fédération unifiée furent : 
• Maître Nguyen Dân Phu, Doyen des Maîtres, aujourd’hui disparu ;
• Maître Phan Hoàng, Président, émigré au Canada ;
• Maître Pham Xuân Tong, Directeur technique Fédéral ;
• Maître Hoàng Nam, aujourd’hui disparu ;
• Maître Nguyen Trung Hoà, aujourd’hui disparu ;
• Maître Trân Phuoc Philippe Tasteyre, retiré ;
• Monsieur Bui Van Thinh, aujourd’hui disparu ;

Puis rejoindront le groupe en 1972 : 
• Maître Trân Minh Long Emile Jeannerose, aujourd’hui disparu ;
• Maître Nguyen Tiên ;
• Maître Trân Huu Hà, retiré.

 

 De gauche à droite: Pham Xuan Tong, Nguyen Trung Hoa, Hoang Nam, Nguyen Dan Phu, Bui Van Thinh, Phan Hoang et Tasteyre Tran Phuoc.


Maître Chau Quan Ky

Maître Chau Quan Ky étant le Maître de Maître Pham Xuàn Tong, il est important de consacrer quelques lignes à son parcours personnel pour comprendre quelles sont les sources profondes du Qwan Ki Do.

 

Maître Chau Quan Ky est né en l’an de grâce 1895 dans la province de Quang Dông en Chine. Sa famille faisait partie de l’ethnie des Hakka’s. Il perd son père très jeune et sera élevé par son grand-oncle, un vénérable prêtre taoïste et dirigeant d’une grande école d’arts martiaux.
Maître Chau Quan Ky sera élevé dans l’esprit du « Dao », avec une formation aux Arts Martiaux, discipline dans laquelle il excelle, et à la Médecine Traditionnelle Chinoise (herboriste, acuponcture, digiponcteur).

De part ses qualités dans l’art martial, il sera renommé comme l’un des « cinq tigres du Sud-Est asiatique »

En 1936, suite aux événements politiques, il rejoint Hong Kong ; puis préfère quitter la Chine et se rendre au Vietnam. Il s’installe alors à Tra Vinh dans le sud du pays, où il rejoint de nombreux chinois en exil.

En 1956, il viendra travailler à Cho Lon, un faubourg de la capitale du Sud Viêt Nam, comme herboriste et acuponcteur.

Quelques temps plus tard, à la demande de ses compatriotes, il s’installera à Gia Dinh, dans un temple Taoïste où il deviendra Maître de cérémonie consacré au culte des morts.

C’est à cette période que Maître Châu Quan Ky rencontrera le tout jeune Pham Xuân Tong, qui deviendra par la suite un des premiers disciples de ce temple….

C’est ainsi que Maître Châu Quan Ky, sur le conseil de plusieurs Experts Vietnamiens, les Grands Maîtres : Lê Van Kiên, Lai Qui, Long Hô Hôi, acceptera de se faire naturaliser Vietnamien, et licencier à la Fédération des Arts Martiaux pour créer par la suite sa première école officielle en 1958 à Phu Nhuân, le Vo Duong : Hô Hac Trao

C’est à partir de 1967, alors qu’il poursuivait ses recherches sur le contrôle de l’énergie, qu’il ressentira les premiers malaises. Il rédigera son testament.
C’est Maître Pham Xuân Tong, alors en France, qu’il choisira comme successeur et à qui il fera remettre son testament ainsi qu’une partie des livres qu’il a écrit spécialement à son intention.


Elaboration du Qwan Ki Do

Arrivé en France en 1968, Maître Pham Xuân Tong a largement contribué à la promotion des arts martiaux vietnamiens au sein de diverses fédérations avant de se consacrer à la codification de sa propre méthode : le Qwan Ki Do dont la synthèse n’a été réalisée qu’après 25 ans de pratique et de recherches.

 

Dès 1968, conscient de l’éloignement qui risque de perturber sa progression dans la pratique assidue et toujours passionnée par la quête de la recherche, il a su s’associer avec d’autres Maîtres et Experts d’autres méthodes d’arts martiaux vietnamiens en France. Ensemble, ils organisèrent régulièrement des séances ou des séminaires d’échanges techniques et d’entraînements.

Pour son perfectionnement, Maître Pham Xuân Tong s’est inspiré des manuscrits et des documents personnels que son Grand Maître Chau Quan Ky lui a transmis avant sa disparition.

L’instruction qu’il a reçue dans le cadre de formations professionnelles propres aux activités physiques, contribue à approfondir sa culture martiale et sportive.

C’est en 1981 que Maître Pham Xuân Tong a pu faire apparaître, pour la première fois, le terme de Qwan Ki Do ; c’est alors qu’il est permis d’affirmer que cet art martial a bénéficié d’une troisième influence : la culture française.

En effet, lors de son élaboration, y ont été intégrées les découvertes récentes dans les domaines de l’activité physique, de la physiologie de l’effort et de la pédagogie.

           

Depuis la date de création de sa méthode, Maître Pham Xuân Tong ne cesse de continuer sa formation personnelle. Ayant pu reprendre le contact avec le Viêt Nam et ses condisciples réfugiés à l’étranger, il a toujours su bénéficier de ces opportunités pour progresser dans la voie de l’art martial où l’ont orienté le vénérable grand Maître Chau Quan Ky et son arrière-grand père, Phan Van Miêng.

 

 

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